Merci à Michel pour son comte-rendu :
" Déception et bon souvenir.
Depuis novembre 2009, je
préparais mon objectif du 26 juin 2010, la cyclosportive L’ARIEGEOISE.
A mon arrivée à Tarascon sur
Ariège, le vendredi je m’empressais d’aller retirer mon dossard et accomplir
les formalités administratives.
Déjà, la pression était palpable
dans ce village ou la fête du vélo allait avoir lieu.
4097 engagés, 79 départements, 15
nations représentés. Cette cyclo rentre dans le top 5 nationale.
3 épreuves au programme :
75, 117,165 kms.
Samedi 7 heures, c’est parti
direction la ligne de départ, je suis dans les 300 premiers sur les 1400,
longue attente, 8 heures top départ sous la houlette de Charly MOTTET, parrain
de l’épreuve.
Au bout de 3 kms le compteur
s’affole 40 km/h
environ et déjà la grande ! Malgré cela de nombreux concurrents me
dépassent (des avions !). Avant la première difficulté au km 20 côte
de Nelsen, 1500
mètres à 10%, je me cale en aspiration dans un groupe
d’environ 150.
Nous passons la bosse à un rythme
soutenu, je ne me rends pas compte du pourcentage. Dans la descente une chute
ralentit le groupe et la cadence redevient plus raisonnable à l’entrée de
Lavelanet.
Km 46, première ascension
: le col de Sarnac, pourcentage
de 2 à 4% sur 15 bornes et premier ravitaillement. La chaleur commence à se
faire sentir et j’ai déjà éclusé 2 bidons !!!
C’est reparti, km 61
montée du col des 7 frères 10 kms entre 2,5 et 5,5%, deuxième ravito, il
faut s’alimenter car la journée va être longue et le gâteau final est dans
l’esprit de tous.
Nouveau col ; le Marmare, 9kms de 2 à 7%, celui ci sera monté à allure
très rapide, la sélection se fera, avant d’attaquer une descente très technique
d’environ 20 kms sur une route étroite et dangereuse.
Je récupère car j’en ai pris un
petit coup sur la casquette, même si j’ai temporisé sans me mettre dans le
rouge.
Après cette descente, la route
des corniches nous accueille avec plats, faux plats, bossettes. Bref le casse
pattes idéal.
14h30 : Ouf les
Cabannes !
Dernier ravito, mon compteur indique 147 kms,
24,5 de moyenne, 6h 30 de vélo malgré les 65 kms de montée parcourus.
Sincèrement, sans prétention,
pour une première montagnarde, je suis content de moi.
Par contre mon épouse est
présente, en compagnie de nombreuses autres personnes qui attendent également
ou qui ont déjà vu passer leur moitié. Elle me déclare que j’ai une salle
« bouille ». Bien sur je n’ai pas de miroir pour me regarder, mais
par contre des oreilles pour entendre les commentaires sur les 16 derniers kms
d’ascension finale du plateau de Beille
Et là, je repense à la
reconnaissance faite en voiture quelques jours avant et dessine dans ma tête
les fortes pentes et virages en épingle qui m’attendent où aucun répit existe
et qu’il va falloir escalader à l’arrache !
Un coup d’œil sur les Majorettes
Ariégeoises qui animent la place et c’est parti !
Le premier km à 6,5% ça
passe, par contre mon ami du matin appelé soleil est devenu mon ennemi, 32
degrés sont affichés, dur, dur ! les pieds me brûlent .
Le second km : 8,6% je passe
le 30/22, troisième km : 7,2%, je passe deux concurrents qui font du
surplace et quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à faire de même.
Km 4 : 9,8%, l’horreur, la
cafetière commence à bouillir, pourtant le cardio est bien 150, j’ai des jambes.
Km 5 : 10% ; un des véhicules
médecin se porte à ma hauteur pour constater mon état, plus haut une ambulance
encombre la route avec plusieurs personnes ainsi que des cyclos qui capitulent.
(plus tard j’apprendrais une mauvaise nouvelle concernant un concurrent).
Je repars, dur cela devient très
dur, psychologiquement le cerveau en prend un coup, surtout quand je croise les
concurrents qui ont fini cette ascension.
Je suis au 6ème Km, toujours une
forte pente et pas de tronçon pour récupérer, encore 10 bornes.
Malgré les nombreux
encouragements de la foule qui assiste à cette hécatombe, je repère une partie
de route à l’ombre plus haut. Allez sagesse, si je continue je vais exploser,
aussi ma conscience personnelle et professionnelle me dit « STOP pied à
terre » !
D’autres cyclosen font de même.
Je redescends rejoindre mon épouse qui est ravie de me
retrouver face aux nombreux participants déçus et d’autres heureux d’avoir
réussi.
C’est avec regrets et pincement au cœur que j’ai rendu ma
plaque à un motard de la sécurité.
La sagesse, certes, mais
également la fatigue générale m’ont sûrement donné raison.
944 participants franchiront
l’arrivée ; Bravo à eux.
J’en ai pris plein les yeux dans
ces paysages Ariégeois magnifiques, mais aussi plein les cannes, je n’ai pas
représenté Roulons ensemble contre le
cancer jusqu’au bout de l’épreuve et j’ai
loupé mon objectif, mais je suis prêt à recommencer en 2011 avec peut
être des amis de l’association ?
Et félicitations aux 750
bénévoles qui ont œuvré pour cette grande fête du vélo, qui sans eux n’aurait
pas lieu.
Michel C "